Drouot. Jusqu’à deux ans ferme requis contre les “Cols rouges” (Ouest-France.fr)

Des peines allant jusqu’à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, ont été requises au procès des « cols rouges » de Drouot, déménageurs des objets destinés aux enchères.

Deux ans de prison ferme, peine aménageable qui peut être purgée autrement qu’en détention, ont été requis contre la quasi totalité des cinquante prévenus. Le parquet a également requis des amendes, pouvant atteindre 250.000 euros contre les cinq commissaires-priseurs poursuivis.

250 tonnes d’objets

Récupération de biens sans valeur ou système institutionnalisé de vol de grande ampleur ? Le tribunal de Paris s’était donné trois semaines pour trancher. Cinquante personnes comparaissaient depuis le début du mois pour des faits commis entre 2006 et 2009, mais qui pourraient avoir duré pendant des dizaines d’années.

Parmi les prévenus, quarante-quatre « Cols rouges », surnom, dû à leur uniforme, des commissionnaires chargés du transport, du stockage, de la manutention des objets vendus aux enchères par la salle Drouot, à Paris. En 2009, une dénonciation anonyme a signalé aux policiers qu’un commissionnaire était sur le point de vendre une toile de Gustave Courbet, disparue en 2003 lors d’une succession, et estimée à plus de 50 000 €. Au terme de leur enquête, les policiers avaient mis la main sur 250 tonnes d’objets anciens, et sur quelques trésors.

 « Tout le monde y trouvait son compte »

Les objets étaient entreposés un temps avant d’être mis en vente. Six commissaires-priseurs sont également poursuivis, accusés d’avoir mis sur pied une « filière d’écoulement ». La pratique semble établie de longue date, peut-être depuis la création de l’Union des commissionnaires de l’Hôtel des ventes Drouot (UCHV), en 1832.

Pour Me Léon Lef Forster, avocat de neuf Cols rouges, ils « récupéraient des objets non listés » lors des inventaires qui étaient abandonnés. « Tout le monde y trouvait son compte. » Les commissionnaires se seraient « contentés d’appliquer une pratique très ancienne sans s’imaginer qu’une infraction pourrait être reprochée », assurent Mes Anna Branellec et Yassine Bouzrou.

Conseil de l’un des commissaires-priseurs, Me Philippe Valent parle, lui, de « système mafieux » chez les commissionnaires. Le procès doit durer jusqu’au 4 avril.

Source : Ouest-France – 31 mars 2016