Un avocat dépose plainte pour des faux en écritures publiques (Le Parisien.fr)

L’avocat d’un homme, condamné à 12 ans de prison pour trafic de drogue au printemps 2014 en première instance, vient de déposer une plainte avec constitution de partie civile contre X pour des faux en écritures publiques.

Me Yassine Bouzrou estime que les gendarmes de la section de recherches (SR) de Paris ont «altéré, à de nombreuses reprises, la vérité» au fil de leurs investigations sur un important réseau de trafiquants, soupçonnés d’importer et de transformer de la cocaïne dans un laboratoire artisanal, implanté dans un appartement de la cité Maurice-Thorez à l’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

L’enquête avait démarré à l’automne 2010 avant de s’achever au mois de février 2012, avec l’interpellation de sept suspects. Au cours de la perquisition du laboratoire, 5 kg de cocaïne, 45 kg de différents produits de coupe, deux presses artisanales, un kilo de cocaïne en préparation ainsi qu’un pistolet de petit calibre avaient été saisis. Pour mieux démontrer l’implication des membres présumés de ce réseau, les militaires avaient notamment placés des micros dans une de leurs voitures ainsi que dans le laboratoire.

Ils avaient également placé une caméra sur le palier de cet appartement. Les sept prévenus ont tous été condamnés à des peines allant de 3 à 14 ans de prison.

Ayant écopé de 12 ans de détention, Mohamed Hideur, 43 ans, a décidé de faire appel. Il sera rejugé au début du mois d’avril. Mais ses avocats sont déjà parvenus à le faire libérer au printemps 2015 suite à une nullité de procédure.

Dans sa plainte, l’un de ses défenseurs dénonce notamment la participation de son client, selon les gendarmes, à plusieurs voyages en Belgique dans le cadre de ce trafic alors qu’il se trouvait sur son lieu de travail à Orly (Val-de-Marne). Interrogés, ses employeurs ont confirmé sa présence à son poste.

«Nous avons la certitude que plusieurs procès-verbaux sont des faux, rédigés, non pas par erreur, mais bien dans le but d’altérer la vérité à l’encontre de notre client, assure Me Yassine Bouzrou. Cette plainte vise à dénoncer cette volonté de faire coller une procédure à une conviction d’enquêteurs».

Source : Le Parisien.fr – 14 février 2016